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Les questions de fond posées par le site nucléaire de Soulaines (Aube)
Tout récemment, l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'ouest (Acro) a présenté à la Commission locale d'information (Cli) le résultat d'une étude commanditée par celle-ci concernant le dépôt de déchets nucléaires de Soulaines. Premières réactions du Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra) et persistance des questions de fond.
Chargée d'effectuer des prélèvements sur le site Andra (Agence nationale des déchets radioactifs) et aux alentours, puis d'en analyser la teneur en radioéléments (quantité de radioactivité), l'Acro a conclu que, à l'heure actuelle, aucun marquage (radioactivité) n'était à signaler. Le rapport n'étant pas encore mis à disposition, difficile de se faire une idée plus précise mais à souligner, néanmoins, quelques regrets majeurs : les points de prélèvements (notamment à l'intérieur du site) ont été imposés à l'Acro et non judicieusement choisis, et ces mêmes prélèvements ont été programmés et non pas effectués de manière inopinée.
Ceci posé, le fait de ne rien trouver dans les échantillons signifie-t-il qu'il n'y ait rien, partout alentours ? Par exemple, ne rien trouver (les seuils de détection des appareils sont-ils suffisamment efficaces ?) n'empêche pas que depuis 1992 les populations avoisinantes sont soumises, en continu et à leur insu, à des retombées radioactives : par les rejets de la cheminée du bâtiment de compactage, par les rayonnements des transports routiers, etc. Le rapport de la Criirad/Cedra rendu public en novembre 2006 était à ce titre des plus éloquents.
Nous sommes là dans le domaine des doses dites "faibles", et de leur accumulation. Or, que sait-on, réellement, de leurs effets sur la santé ? Si pouvoirs publics, industrie nucléaire et organismes de radioprotection ont jusqu'à présent minimisé les conséquences, les expertises se multiplient qui démontrent des atteintes bien supérieures à ce que l'on a bien voulu dire au public : étude Envirhom de l'Irsn, étude allemande autour des centrales nucléaires, recommandations du Ceri (Comité européen sur le risque de l'irradiation)... on lira avec grand intérêt le dossier spécial publié sur le site de l'association la Q.V.
De plus, le site Andra de Soulaines reste frappé de tares indélébiles : il avait été promis avant son ouverture qu'il n'effectuerait aucun rejet radioactif, il avait été affirmé que son exploitation ne durerait que 30 années (qui sont passées à 40 puis 50 et 60 maintenant ; et un autre site poubelle s'est ouvert depuis à proximité immédiate, à Morvilliers), il avait été garanti que ne seraient stockés là que des déchets "à vie courte" (inférieurs à 300 ans de toxicité) or l'Andra a fini par reconnaître que du plutonium (2) et autres poisons sont bien présents.
Propre, le nucléaire ne l'est assurément pas. Nulle part au monde on ne sait gérer les déchets du nucléaire, il y a urgence à arrêter d'en produire et de fermer, entre autres, le site de Soulaines-Morvilliers. Depuis 1995, le CEDRA questionne les élus locaux, les informe, leur demande d'agir.... |
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