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Mise en ligne le 27 septembre 2007
Vautours : La situation est-elle en train de devenir incontrôlable ?
A l’heure où l’on focalise l’opinion publique sur les chiens, à l’heure où les autorités implantent des ours en pleine civilisation (voir l’article « Eviter ces drames avec les ours »), voici maintenant que les vautours deviennent des prédateurs.
Il ne s’agit pas de crier haro sur des animaux, mais de prendre en compte un problème bien réel de sécurité, avant qu’il ne dérape et ne devienne incontrôlable (si ce n’est pas déjà le cas).
Rappel des faits : Bagnères-de-Bigorre
Les vautours attaquent une vache qui venait de mettre bas
Dimanche 16 septembre, dans la plaine d'Esquiou, au-dessus de Bagnères-de-Bigorre, une centaine de vautours ont attaqué une vache qui venait de mettre bas. L'animal et son veau ont d'abord eu les yeux crevés par les vautours qui les ont ensuite dévorés de l'intérieur.
La vache pesait au moins 800 kilos.
D'autres témoignages font état d'attaques similaires contre d'autres animaux de grande taille, comme un poulain, une jument ou une ânesse
"Les oiseaux" d'Hitchcock, ce n'est plus de la science-fiction. Si, on ne parle pas encore de cas d'êtres humains attaqués par des vautours*, au Pays Basque, ceux d'animaux de ferme tués par eux sont en revanche de plus en plus fréquents.
Vendredi 21 septembre, une vache a été victime de ces rapaces dans le canton de Bidache :
"Une vache adulte d'environ six ans, a été attaquée et tuée vendredi par plusieurs dizaines de vautours affamés à Llharre", raconte Didier Hervé, directeur de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), citant des "témoignages dont la crédibilité ne fait pas de doute". L'événement a d'ailleurs fait l'objet d'un rapport de la gendarmerie de Saint-Palais : "Les gendarmes alertés par des témoins ont vu 100 à 150 vautours qui étaient encore dans les alentours", a précisé un membre des forces de l'ordre, ajoutant que des fermiers assuraient en avoir vu "environ 400".
Des nécrophages devenus prédateurs par manque de charognes
D'autres faits inquiétants ont été récemment observés par des fermiers dans la région, notamment à Bergouey, autre commune du Pays Basque proche de Bidache, à 30 km environ à l'est de Bayonne, ajoute Didier Hervé. Les attaques signalées ont concerné un poulain, une jument et une ânesse.
Les vautours, une espèce nécrophage protégée depuis des décennies, ne s'alimentent en principe que de cadavres d'animaux repérés dans la montagne. Mais ces oiseaux, de plus en plus nombreux selon l'IPHB, seraient en manque d'alimentation, notamment du fait du changement des modes d'élimination des déchets animaux dans les abattoirs. Selon l'IPHB, la population totale de vautours a été évaluée à environ 500 couples dans les Pyrénées-Atlantiques, un chiffre qui serait en forte augmentation. Et il y aurait plus de 5.000 couples de vautours dans les provinces espagnoles voisines de Navarre et d'Aragon.
Le problème avec les autorités, c’est le temps de latence pour intervenir
Une espèce est en voie de disparition, il ne reste presque plus d’individus, et c’est seulement là que des mesures sont prises pour la déclarer « espèce protégée », alors qu’il est parfois déjà trop tard.
A partir de là, si l’espèce s’en sort et prolifère (cas des goélands), rien n’est fait pour gérer la population.
Nous avons nous-mêmes été survolés de très près, en haute montagne, seuls, par une nuée de vautours, comme on en voyait pas autant avant, et croyez bien que « l’on n'en mène pas large… ».
*On en reparlera lorsque les animaux ne seront plus en estive…
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